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Historique

En arrivant à Ardes on s'interroge sur cette ruine située sur un promontoire à l'ouest de la ville. Il s'agit du doigt de Mercœur, forteresse construite au XIe siècle, détruite en 1567 dont il ne reste que les ruines de l'angle d'un donjon quadrangulaire.
La partie la plus ancienne du bourg se situe près de la couze, à la Ville Basse, autour de l'église.
Avec l'installation du nouveau château des Mercœur et sous leur impulsion, la ville neuve se développe dès le XIIe siècle. A partir du château situé à l'extrémité nord-est d'un relief et en remontant en direction du sud-ouest, les maisons sont réparties, selon un modèle type, de part et d'autre de la rue principale (Grande Rue). Des passages entre les bâtiments, « traboules » (tunnels traversant les bâtiments) permettent de circuler d'un quartier à un autre ou de relier deux rues par une sorte de raccourci.
Cette ville neuve était enfermée dans une enceinte. Les traces de ces fortifications sont encore facilement visibles, notamment rue du Vallat. Il y a également deux portes opposées, l'une à la Recluse sur l'ancienne route en direction de la Limagne, l'autre permettant l'échange avec la Ville Basse.
Ardes a connu par la suite deux extensions successives, en montant par le sud-ouest. Son habitat est caractérisé par des maisons hautes, plutôt étroites et assez profondes avec caves en sous-sol parfois reliées les unes aux autres, rez-de-chaussée et deux à trois étages. Construites en pierres jointées et crépies à la chaux, percées de hautes ouvertures ordonnancées le tout surmonté de toitures à faibles pentes, couvertes de tuiles rouges. Ces maison possèdent souvent une cour ou un jardin.
Suivant l'évolution des différents quartiers, la structure urbaine s'est enrichie d'un système de places. Les places de la Fontaine et de la Brèche forment un axe secondaire, orthogonal à l'axe principal permettant la liaison entre la Ville Basse et la Ville Haute tout en assurant l'articulation avec la première extension de la Ville Neuve.

En 1320, par son attractivité administrative, culturel et économique, Ardes peut être considérée comme la 29e ville d'Auvergne.

C'est au XIVe et XVe siècles que fut édifiée, hors les murailles protectrices de la ville, l'église Saint-Dizaint, probablement à l'emplacement d'un ancien édifice religieux. Bien que présentant, aujourd'hui, une facture gothique, la structure d'origine est romane. Le maître-autel en bois magnifiquement sculpté remonte à 1634. Devant l'église, à l'emplacement de l'ancien cimetière se trouve une croix de pierre magnifiquement sculptée. D'un côté, la Vierge couronnée tenant l'enfant Jésus dans ses bras, au dessous le tétramorphe, Matthieu portant un livre, à droite le lion pour Marc, à gauche le taureau pour Luc et en haut l'aigle pour Jean. De l'autre côté, le Christ et ses compagnons. L'église est classée à l'inventaire des monuments historiques depuis 1920 et la croix y est inscrite depuis 1925.

Le château d'Ardes, palais des seigneurs de Mercœur à été détruit en 1634 sur ordre du Cardinal de Richelieu. A l'entrée de la ville, la base de la grosse tour de ce château est toujours visible, il y subsiste, en partie basse, une petite chapelle.

En août 1660, Louis XIV, par lettres patentes autorise la construction du couvent des Récollets. Ce projet avait reçu la bénédiction de l'évêque de Clermont et le consentement du Duc de Mercœur. Implanté hors des remparts dans la Ville Neuve, il fut définitivement fermé le 18 avril 1788. les bâtiments ont par la suite abrité la justice de paix, le presbytère, la Mairie, la Gendarmerie et la perception. Détruits par un incendie en 1979, cet emplacement accueille actuellement, la Mairie, le siège d'Ardes Communauté et une maison de santé. Seul vestige du couvent, le Beffroi, clocher de la Chapelle, est visible dans l'axe de la place de la Fontaine.

Les armoiries d'Ardes, inscrites à l'armorial général de France en 1698, sont « d'or à 3 faces ondées d'azur ».

Afin de faciliter la liaison avec le Lembron, la nouvelle route d'Ardes à Chabetout et le viaduc de la place croisière ont été réalisés à partir de 1910.

Jusqu'au XVIIIe siècle, Ardes-sur-Couze était une petite cité administrative, un important marché agricole et un gros centre artisanal. C'etait un carrefour entre la population de la plaine et celle de la montagne, la ville tirait sa prospérité grâce aux échanges commerciaux entre la montagne du Cézallier et la plaine d'Issoire.

Les bêtes, bovins et ovins, le beurre et le fromage (dont le fameux Saint-Nectaire) sont descendus de la montagne pour s'échanger contre des céréales, du vin, des vêtements, de l'outillage...Si la montagne était le domaine de la vache salers, les zones basses plus sèches étaient riches d'ovins. L'ardes, aujourd'hui disparue, était une race ovine rustique particulièrement adaptée localement, le commerce en moutons et en laine était alors très important.

La toponymie nous renseigne également sur la fonction des quartier :

  • Le Vallat : du latin vallis et vallum, indique en occitan une vallée, un fossé ou des remparts. Dans le cas présent il s'agit des rempart sud-est de la ville.
  • La Recluse : la chapelle Notre Dame de la Recluse aurait été reconstruite après la Révolution française. Elle est située à l'entrée de la ville, en arrivant par l'ancienne route de Saint Germain-Lembron, face à la porte sud-est du Vallat. Cette localisation, associée au toponyme « recluse », laisse à penser qu'il y existait probablement un « reclusoir », dans lequel vivaient des femmes laïques recluses. La recluse était alors accompagnée jusqu'à sa loge à l'occasion d'une importante cérémonie religieuse et, une fois enfermée, elle y restait jusqu'à sa mort. Il existait parfois des hommes reclus.
  • Le Foirail : espace d'entrée du haut de la ville, les foires d'Ardes étaient réputées et essentielles à la vie locale.
  • Le Marché aux Veaux : anciennement place de la Croix, initialement liée au Foirail, transformée par la construction de la halle du même nom en 1939.
  • La Halle : la halle aux grains construite en 1879 a donné sont nom à cette place. Halle devenue La Poste aujourd'hui.
  • La Fontaine : du début du XIXe siècle, de la place éponyme, où sont sculptées les armes du Dauphin d'Auvergne.

 

Pour en savoir plus :

le livre de Georges Soulier

Ardes-sur-Couze, Physionnomie retrouvée de la ville au début du XXe siècle.

Éditions Créer, 2004.

 

 

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